Les forces de défense dénoncent la corruption du commandement militaire

Ils se plaignent également du non-respect du calendrier des affectations et du mépris des chefs.

 La situation en zone anglophone ne s’améliore pas et un mécontentement se fait progressivement ressentir au sein des forces de défense et de sécurité. Ainsi sous anonymat, un officier de la gendarmerie déployé sur le terrain se confie sur les points de friction qui existent aujourd’hui entre la troupe et les supérieurs. Plusieurs griefs sont mis en avant. Tout d’abord celui de la relève. Il souligne : « le patron de la gendarmerie ( Galax Etoga) avait promis en 2019 lorsqu’il affectait les hommes de l’extrême – Nord pour le Nord-Ouest et le Sud-Ouest (NOSO) de les relever après deux ans. Aujourd’hui rien ». Puis un sentiment de frustration l’envahit : « Comment quelqu’un peut faire 5 ans à l’Extrême – Nord de 2014 à 2019 ensuite on t’affecte au NOSO pour soit disant deux ans ». Sur cet aspect, il précise : « Après les deux ans on affecte seulement ceux qui ont les relations et l’argent. Ceux qui sont orphelins, on les abandonne. Pour preuve voir les affectations de la gendarmerie en août 2021 ».  Puis ajoute : « En 2019, la raison donnée par le SED pour avoir affecté les gendarmes d’une zone rouge à une zone rouge était que ces gendarmes sortant de l’Extrême Nord étaient aguerris et qu’ils ne feront que deux ans. Comme s’il y avait les militaires qu’on formait pour la guerre et d’autres pour les bureaux, vestes, élégance et autre.

Ce n’est pas tout. Il y a la question de la prise en charge où il accuse ses supérieurs d’insouciance. Il indique : « Nous sommes à plus de trois mois que les routes ne passent pas. Ils ne se soucient pas de savoir comment nous vivons en brousse. Même les ravitaillements en nutrition ne sont pas faciles. Pour eux nous devons mourir pour qu’ils s’enrichissent parce que lorsque nous perdons les hommes comme ça ils rendent compte et réclament des moyens qui entrent dans leurs poches ». Ce n’est pas la première fois que de telles affirmations sont formulées par les hommes en tenue sur le terrain en zone anglophone. De plus en plus de voix s’élèvent pour décrier la corruption au sein du commandement militaire.

A notre interlocuteur de conclure : « les militaires camerounais sur le front sont en train de perdre franchement le moral à cause de la mal gestion des hommes sur le terrain au profit des politiciens qui sont leurs grands chefs et leurs ministres. »

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