Celestin Tawamba claque la porte au premier ministre, Dion Ngute

Celestin-TAWAMBA
Celestin-TAWAMBA

Le Cameroon Business Forum principale plateforme de dialogue entre le public et le privé se tiendra demain sans la participation du GICAM.

Celestin Tawamba est très en colère et il le fait savoir ouvertement. Le patron du Groupement Interpatronal du Cameroun(Gicam), l’association qui regroupe les sociétés et les hommes d’affaires les plus puissants et influents du Cameroun, ne prendra pas part à la 12e session du Cameroon Business Forum (CBF), la plateforme de dialogue entre le secteur privé et les pouvoirs publics. « Le patron des patrons » l’a officiellement fait savoir au premier ministre, chef du gouvernement, Dion Ngute dans une correspondance adressée le 2 décembre 2021.

Sur le plan de la forme, le GICAM dénonce le fait que l’invitation leur ait été adressée le 1er décembre 2021 pour un évènement d’une telle ampleur qui devrait se tenir le 15 décembre 2021. Le secrétaire Général des services du premier ministre, Seraphin Magloire Fouda, exigeant que les propositions lui parviennent avant la date de l’évènement. Une attitude considérée déjà comme un manque de sérieux de la part des hommes d’affaires. Sur le fond, les préoccupations sont nombreuses. Tout d’abord, le GICAM plaide depuis de nombreuses années pour une réforme du CBF qui s’avère aujourd’hui inefficace. « Ils viennent ils s’asseyent, chacun lit ce qu’il a à lire. Puis le premier ministre prend la parole pour lire des recommandations au nom du gouvernement. Et basta chacun rentre chez soi », confie une source à la primature qui comprend aujourd’hui la position du GICAM. Sans oublier que les recommandations de la 11ème session qui s’est déroulée en octobre 2020 n’ont pas été appliquées.

Mais, à bien y regarder, il s’agit en réalité du prolongement du bataille plus profonde et sérieuse qui oppose depuis plusieurs mois « le patron des patrons » au gouvernement de la République. Celestin Tawamba croit fermement se battre pour la survie des entreprises camerounaises durement frappées par la crise du coronavirus.

En effet, depuis octobre 2020, et devant le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atanga, il a indiqué que l’augmentation des prix des matières premières avait atteint les 200% pour certains produits. Les prix du fret maritime, à destination de l’Afrique, connaissant une hausse, oscillant entre 250 à 400%, suivant l’origine. Il avait à cet effet invité le gouvernement à prendre certaines mesures telles que : l’ajustement limité des prix de vente ; des subventions ponctuelles ; des allègements fiscaux (taux de TVA réduit ou nul, allègement/suspension de l’acompte sur certains secteurs, suspensions de contrôles…) ; de la suspension des taxes parafiscales ; de la suspension de certaines taxes portuaires ; de la réallocation des appuis Covid aux secteurs stratégiques et de la réactivation et/ou le maintien en 2022 de mesures exceptionnelles instaurées en 2021. 3 mois plus tard le gouvernement n’a rien fait. Or des entreprises ferment. Une situation jugée inacceptable par le « patron des patrons ».

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*