CAN 2019 : Comment une entreprise française a été dépossédée d’un chantier

ALCOR prendra le nom de 2 ME SARL pour le contrôle d’un marché de plus de 6 milliards Fcfa.

Pour comprendre cette affaire, il faudrait remonter à la CAN féminine 2017 au Cameroun. La société française ALCOR qui fait dans les équipements avait gagné le marché d’équipement des gradins du stade Ahmadou Ahidjo. A l’époque des faits, la société a comme intermédiaire au Cameroun, Éric Moukoko, beau fils de Fritz Ntone Ntone, délégué du gouvernement auprès de la communauté de Douala et ami de George Ngoh Ngoh “ fils” de Ferdinand Ngoh Ngoh, secrétaire général de la présidence de la République. Le dossier, attribué par Ngoh Ngoh sera directement piloté par Ayem Mauger, conseiller économique à la présidence de la République.

Jean-Claude Ayem Mauger
Jean-Claude Ayem Mauger

A la suite des travaux, le Cameroun doit payer près de 2 milliards fcfa à cette société. Depuis la fin des travaux, toutes les tentatives de paiement étaient restées sans succès. Ayem Mauger promettant de régler la facture dans les plus brefs délais.

Cependant entre temps, le marché de la CAN 2019 de réfection et équipement du stade Mbappe Leppe à Douala est attribué en 2017 à nouveau à ALCOR. Les travaux débuteront en septembre de la même année. Mais, ALCOR – Paris n’est pas informé. Si le nom sonne pareil, afin de contrôler le marché et les milliards qui vont avec, déjouer les soupçons des autorités, Constant Moukoko, George Ngoh Ngoh et Ayem Mauger décident d’ajouter un “ S” à la société ALCOR. Ce qui au lieu de ALCOR devient ALCORS et ils peuvent ainsi donc reprendre le contrôle de la société.

« Faux et usage de faux »

Coup de tonnerre à Paris. Les responsables de ALCOR qui n’avaient pas vu ces développements n’en reviennent pas. Non seulement ils réclament encore près de deux milliards aux autorités Camerounaises pour la CAN féminine 2016. Mais en plus de cela c’est le nom de leur société qui a pignon sur rue dans le monde qui est utilisé pour détourner des milliards de fcfa de l’Etat du Cameroun dans un nouveau marché sans leur agrément.

Face à cette situation les avocats de la société ALCOR en France décident de porter plainte en France contre des responsables camerounais pour “ faux, usage de faux, écritures en faux”. La situation devient tendue. Constant Moukoko qui prend régulièrement Ayem Mauger comme témoin tente d’apaiser la situation.

Eric Leport, le patron du vrai ALCOR paris se fâche. Il patiente. En janvier 2018 il débarque au Cameroun. Le choix de la date n’est pas anodin. Une mission de la CAF séjourne au Cameroun depuis le 11 janvier et est là jusqu’au 28 janvier. C’est le jour où la CAF doit se rendre au stade Mbappe Leppe que Éric Leport décide d’aller visiter ce qu’il croit être “son chantier”. Il ne savait ce qui l’attendait.

2 ME SARL

Constant Moukoko
Constant Moukoko

A l’entrée, il est d’abord bloqué. Obligé de faire savoir que c’est le nom de son entreprise qui se retrouve sur les panneaux. A l’intérieur, Constant Moukoko l’attend. Les responsables de la CAF sont en route. La discussion monte entre les deux hommes. Puis Moukoko reçoit un coup de fil lui indiquant que la CAF est là. C’est ainsi qu’il va faire enfermer le français pendant quatre heures de temps dans une salle sous surveillance des gros bras en attendant le départ des inspecteurs de la CAF. Éric Leport n’aura eu la vie sauve que grâce à l’intervention énergétique de l’ambassade de France à Yaoundé.

Face à cette violence, il prend peur et décide d’abandonner ses prétentions sur le chantier du Stade Mbappe Leppe. Le trio Constant Moukoko, Ayem MAuger et George NGOH NGOH deviennent les véritables propriétaires du chantier.

Ces derniers qui n’ont jamais fait dans le domaine des infrastructures ou de l’équipement savent qu’ils s’exposent à de sérieux ennuis juridiques s’ils utilisent le faux ALCORS. C’est ainsi qu’ils créent une nouvelle société qui va s’appeler 2 ME SARL avec pour directeur général Constant Moukoko Eyango. Cette société va bénéficier de la signature d’un marché de gré à gré de 6 milliards 600 millions 006 207 fcfa le 9 février 2018.

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