CAN 2019 : Les premiers réseaux mafieux de détournement

Au départ de ce scandale se trouve un marché de 26 milliards Fcfa attribué par Ferdinand Ngoh Ngoh à son ami

C’est un scandale d’État au départ de l’organisation de la CAN 2019 au Cameroun. Des proches du président de la République Paul Biya ont délibérément torpillé les projets pour pouvoir bénéficier de marchés de gré à gré et obtenir des rétro-commissions. Or depuis septembre 2015, à l’époque où il est Secrétaire Général des Services du Premier Ministre, Louis Paul Motaze a transmis à la Présidence de la République, avec l’aval de l’ensemble des administrations travaillant sur la CAN 2019, la liste des entreprises retenues pour la construction des stades, des terrains d’entrainement, des hôtels, etc. Ces projets ont été bloqués pendant un an par des fonctionnaires de la présidence de la République.

Ferdinand Ngoh Ngoh
Ferdinand Ngoh Ngoh

Le 8 août 2017, Ferdinand Ngoh Ngoh, Secrétaire Général de la Présidence de République signe une note adressée à l’attention de Ben Modo, Président Directeur Général de l’entreprise PRIME POTOMAC, portant sur la réhabilitation des stades d’entrainement du CENAJES, POUMPOUMRE, GENDARMERIE et SODECOTON, de l’hôtel Bénoué et la construction d’un hôtel 4 étoiles dans la ville de Garoua en vue de la CAN 2019. Il demande à Ben Modo de prendre attache avec les entreprises impliquées dans l’organisation de la CAN 2019. Il souligne d’ailleurs que le Président Paul Biya a marqué son accord pour la réalisation de ces chantiers.

Or, l’entreprise Prime POTOMAC n’a pas été retenue par la commission de la CAN regroupant 28 administrations qui a travaillé sous la supervision de Louis Paul Motaze en 2015 pour la réalisation de l’ensemble de ces marchés. Les dossiers ont été délibérément bloqués à la Présidence de la République, puis au Ministère des Sports. Ben Modo, dont l’entreprise n’a jamais réalisé aucun contrat au Cameroun, s’est vu attribuer plusieurs marchés à coup de Milliards de Francs CFA.

New-York

Ben Modo
Ben Modo

Mais en réalité, Ben Modo et Ferdinand Ngoh Ngoh sont de grands amis. Ils se sont connus aux États-Unis lorsque l’actuel Secrétaire Général de la Présidence de la travaillait à la Représentation Diplomatique du Cameroun à New-York. D’ailleurs, l’entreprise de Ben Modo a été créée à New York aux Etats-Unis. Au-delà du fait qu’elle se présente comme une entreprise installée en Amérique, en Europe et aux Etats Unis, elle n’a à son actif aucun projet sérieux réalisé dans le monde. Le contact figurant sur son site internet est inopérant. Il s’agit du numéro de téléphone d’une entreprise qui ne reconnaît même pas l’existence de Prime Potomac; l’entreprise aurait en réalité été créée en 2016, bien qu’elle prétend avoir été créée en 2006.

En avril 2016, sous la pression de Ferdinand Ngoh Ngoh, Tombi A Roko Sidiki, le Président de la FECAFOOT, confie à la la société prime Potomac de l’ami du SGPR, Ben Modo, la réalisation de 4 stades secondaires dont Bamenda, Bangangté, Bafia et Sangmelima. Plus d’un an après, aucun projet n’a été réalisé. Entre temps, Ben Modo aura perçu 286 millions Fcfa de la Fecafoot. En mai 2017, voyant le danger qui se profile à l’horizon, Tombi A Roko décide de résilier le contrat de Prime Protomac. Non content d’avoir perçu seulement 286 millions FCFA, Ben Modo demande, avec les recommandations de Ferdinand Ngoh Ngoh, à nouveau 300 millions de Fcfa pour un arrangement soi-disant à l’amiable.

Voilà donc l’entreprise qui a réalisé des des marchés à coups de milliards de Fcfa, alors qu’elle a été incapable de construire un stade à Sangmelima chez le Président Paul Biya. Par la suite les liens entre les deux tourtereaux se sont dégradés et Ben Modo s’est réfugié au Canada.

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