Exclusif : Comment Niat Njifendji a repris le pouvoir face à Michel Mevaa M’Eboutou

Les coulisses d’une bataille rude au cœur du pouvoir.

Le Président du Sénat, Niat Njifendji, a regagné Yaoundé le 21 décembre 2021 après une visite médicale en France. Mais avant son départ, une réunion du bureau du Sénat s’est tenue le 14 décembre 2021 avec 4 points à l’ordre du Jour : La situation des personnels du Sénat ; Installation du Sénat dans les locaux du Conseil économique et Social ; Situation domaniale et foncière du Sénat ; Rapport du Groupe de travail chargé de la relecture des textes régissant l’organisation et le fonctionnement du Sénat.

Le Président a choisi de commencer par le point 4 et le groupe de travail mis en place et annoncé a rendu son Rapport :

Ce Rapport relève que le Président du Sénat est le Chef politique, l’Ordonnateur principal du Budget et le Président du Bureau de l’Institution. Le Rapport explique le Secrétaire Général du Sénat et le responsable de l’administration et, en cas de délégation formelle sur des matières précises, ordonnateur délégué du budget conformément aux dispositions de la loi sur le régime financier de l’Etat et le Règlement intérieur. Il précise que dans tous les cas, le SG est un collaborateur placé sous l’autorité hiérarchique du Président du Sénat et du Bureau de la Chambre.

Le Rapport met en relief de graves dysfonctionnements au sein de l’Institution, pratiquement bloquée, essentiellement imputables à l’incurie du Secrétaire Général qui défie les usages parlementaires, refuse de se soumettre à l’autorité du Président et du Bureau et n’entend pas faire valoir les règles prévues par la Constitution, la Loi et les arrêtés du Bureau, tenant notamment aux privilèges et avantages des sénateurs, à l’organisation des services, au déploiement des personnels, à la gestion financière et du matériel. Le Rapport propose une mise en demeure au SG, allant jusqu’au 31 décembre 2021, pour réparer les manquements les plus urgents à savoir : la réécriture du Règlement Intérieur, le respect de l’orthodoxie budgétaire, financière et comptable, l’apurement intégral des indemnités des Sénateurs, celles des agents de sécurité détachés au Sénat, les dettes de créanciers divers, la nomination des personnels, l’occupation des bureaux affectés à l’immeuble siège du Conseil Economique et Social.

Invité à réagir sur le contenu du Rapport, M. Mevaa Meboutou a réitéré que les textes lui accordent les pleins pouvoirs administratif et financier sur la marche du Sénat. Il a déclaré qu’il est parmi les rédacteurs de la Constitution et qu’en droit financier qu’il connait mieux que quiconque, Ordonnateur Délégué veut dire en réalité Ordonnateur si bien que le terme « Ordonnateur principal » est un affichage. En un mot comme en mille, M. Mevaa signe mordicus qu’il est le véritable patron du Sénat. Petite anecdote, au cours des travaux, Dakole Daïssala pique une colère et lance : « Comment se fait-il qu’un secrétaire général puisse bloquer toute une institution ? ».

Cette intervention de Michel Mevaa a donné lieu à des échanges assez violents avec certains membres du Bureau. La réunion s’est achevée avec l’adoption du Rapport du groupe de travail et l’accord pour un comité de suivi de la mise en œuvre des Recommandations. Meva’a M’Eboutou est tombé.

 

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