Pour qui sonne le glas

Pour notre chroniqueur Richard Makon, la multiplication des conflits sont le signe  de la fin d’une époque.

« Pour qui sonne le glas » est le titre du célèbre roman d’Ernest HEMINGWAY publié en 1940 et fortement inspiré de son vécu de journaliste pendant la guerre civile espagnole. Ce texte puissant raconte la mission d’un jeune professeur américain, Robert JORDAN, engagé dans les Brigades internationales, et envoyé en Castille dans les jours qui précèdent l’offensive de Ségovie pour faire sauter un pont, pour couper ainsi la route aux troupes de renforts franquistes. Chef-d’œuvre de la littérature de guerre, au-delà de l’histoire d’amour au demeurant anecdotique entre le héros et une compagne de lutte, María, le roman d’HEMINGWAY est aussi un texte politique magistral, qui décrit avec dextérité les méandres des calculs politiciens les plus mesquins, et les conséquences néfastes sur les hommes et le cours des évènements des atermoiements de certains dirigeants au moment de prise de décisions capitales. On comprend dès lors pourquoi de Fidel CASTRO à Barack OBAMA, « Pour qui sonne le glas » est devenu le livre de chevet de nombreux leaders du monde.

Il convient de rappeler que ‘‘Sonner le glas’’ est une expression bien connue dans le langage courant, bien que très peu utilisée de nos jours. ‘‘Sonner le glas de quelque chose’’ signifie « annoncer la fin imminente de cette chose-là ». C’est également « être le signe que quelque chose se termine ou va se terminer ». En outre, dans une perspective davantage active que passive, c’est « faire s’arrêter quelque chose, causer la fin de quelque chose ». Pour mémoire cette expression tire son origine de l’époque où les églises avaient la mission sociale d’informer les habitants de l’arrivée d’événements importants de diverses natures, en faisant sonner les cloches de l’Église. Outre les sonneries de chaque heure et celles qui annoncent la messe, le tocsin signalait un danger (attaque, incendie, cataclysme…) ou appelait à la mobilisation générale. Tristement connoté, le glas est le nom qu’on donne au son lent d’une cloche, généralement d’une seule note, qui peut durer plusieurs minutes, et parfois plusieurs heures, qui annonçait les événements tragiques, tels l’agonie ou la mort de quelqu’un, généralement un fidèle chrétien, ou la chute d’un régime. L’Église introduit l’usage du glas, aussi appelé la « cloche des morts » dès le VIe siècle, et les premières utilisations attestées du glas pour signaler un décès remontent au VIIIe siècle. Faute d’être formellement codifiée, la manière de sonner le glas a beaucoup varié selon les époques et les régions, en France en l’occurrence. À partir du XIIIe siècle, on sonne différemment selon que le défunt est un homme ou une femme, et sous l’Ancien Régime, selon la condition sociale du défunt.

Rapporté au Cameroun, du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, les crises, conflits, catastrophes, scandales qui se multiplient ces dernières années constituent le glas qui résonne. Mais pour qui sonne ce glas et que nous annonce-t-il ? Bien malin qui répondra !

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