Après Michele Ndoki, un ancien prisonnier politique raconte ses déboires

Christian Marcel
Christian Marcel

Pour Christian Marcel, la persécution des adversaires politiques est l’âme du régime de Yaoundé.

Après ma sortie de prison politique, alors que je n’étais qu’en détention provisoire, mon employeur m’accueille avec toute la cordialité qui sied. C’est ainsi qu’entre deux conseils,il me demanda de rejoindre mon poste, mais qu’avant que je fasse pour les besoins de forme et d’actualisation de mon dossier administratif, un courrier pour signifier la fin de mes ennuis judiciaires et ma disponibilité à reprendre mon poste, ce qui fût fait.

Sauf que plus d’un mois après, le boss me demande toujours d’attendre et un matin de novembre, on m’appelle de Bonanjo pour me dire que j’ai un courrier pourtant mon poste est à Yaounde.

C’était comme ça pour me signifier avec des termes de roublardise que l’entreprise se séparait de moi, sans aucune indemnisation pour quelqu’un qui était cadre et membre du comité de direction. C’est à peine que j’ai pu obtenir un certificat de travail. Depuis lors, je n’ai plus pu parler avec mon ex-DG qui était carrément un papa pour moi. Quand j’étais même en prison, il m’a soutenu comme il pouvait. Y compris ma famille. Il avait même constitué des avocats pour moi avant qu’on lui dise que c’était une affaire politique et que l’entreprise ferait l’économie de ce conseil inutile. Honnêtement, je n’en voudrai jamais à ce Monsieur là.

Plus tard, par l’entremise d’une maman à moi, j’ai appris que cette décision de se séparer de moi était imposée par un influent ministre anglophone à mon boss, à défaut de quoi la recapitalisation promise par l’État n’aurait pas lieu. En effet je travaillais pour une banque en état d’administration provisoire et l’État s’était engagé à racheter le portefeuille des créances et recapitaliser afin de mieux réussir sa restructuration.

Mon ex-boss n’avait donc pas de choix entre me maintenir à mon poste et compromettre la viabilité sur le moyen et long terme de cette banque.

Heureusement grâce à notre pacte de solidarité, j’ai pu décrocher un nouveau job depuis plus d’un an déjà.

Voilà les réalités de notre pays.

Courage Michele.

Aucun régime n’est éternel.

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