Le Tribunal militaire veut faire comparaitre par force les prisonniers politiques du MRC, la veille de Noël.

Maurice Kamto
Maurice Kamto

Ils ont refusé de se rendre à leurs procès ce matin. Les juges exigent une comparution forcée.

Le principal leader de l’opposition camerounaise a fait monter la pression sur Yaoundé. Maurice Kamto n’a encore rien dit et rien fait, mais le gouvernement ne digère pas les signaux qu’il envoie. Notamment les images qui annoncent une campagne de libération des prisonniers politiques à quelques jours de la CAN 2022 censée débuter le 9 janvier 2022. Ainsi, les prisonniers politiques du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun ( MRC) étaient convoqués ce matin devant le juge du tribunal militaire pour être jugés. Ils ont tous refusé de sortir de leurs cellules. Car ils contestent la légalité et la légitimité du tribunal dans leur affaire. Faudrait-il le rappeler, ils sont poursuivis dans le cadre des marches pacifiques du 22 septembre 2020.

Le procès de ces prisonniers politiques se déroule au Camp de l’Unite / Emat  qui n’est en réalité rien d’autre qu’une caserne militaire. Inaccessible au public et à la presse. Face au refus des prisonniers politiques de se rendre au tribunal, les juges ont pris la décision ce jour de faire intervenir les policiers et gendarmes pour qu’ils soient ramenés de force devant la barre le 24 décembre 2021. Soit la veille des festivités de Noël.

Il est clair que le gouvernement tente d’évacuer rapidement ce caillou dans la chaussure à quelques jours de l’arrivée des premières délégations internationales au Cameroun. Ce tribunal se compose des personnes suivantes : Président : Colonel Misse Njone Jacques Baudouin : Membres : Ngouongue Solange et Fentchou Tabopda Gabriel : Représentants du ministère public : Belinga Cerlin et le lieutenant Nchintouo ; Greffiers audienciers : Evi Mebenga Joachim et Abah Eric Pierre.

L’on ne saurait ne pas souligner ici que le juge d’instruction qui était en charge de l’affaire, le juge Bias Joel Albert a clôturé son instruction depuis le 8 décembre 2021, soit plusieurs mois après le délai légal, alors qu’il n’a jamais entendu une personne parmi les 48 dossiers qu’il avait en sa possession. Ainsi, les prisonniers politiques risquent d’être jugés par force alors qu’ils n’ont jamais été entendus. Plus l’on découvre par la suite que certaines personnes qui devaient être libérés depuis le 8 décembre 2021 ont été maintenus en détention pendant douze juge sans aucune explication.

Personne ne peut pour l’instant indiquer si les prisonniers politiques se présenteront au tribunal en dépit des menaces formulées par le juge Misse.

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*